A.J.A.AG.L.F.S (Association de la jeunesse algérienne d’avant-garde de lutte contre les fléaux sociaux).


Promotion SABRACHOU SAID

Cité Seghir Bureau N° CP: 06000

(W) de Bejaia
Algérie

Tel. +213(34) 17 47 40

Fax. +213(34) 12 66 33

Mobile. +213(554) 55 73 73

République Algérienne Démocratique et Populaire
A.J.A.AG.L.F.S (Association de la jeunesse algérienne d’avant-garde de lutte contre les fléaux sociaux).
Entretien avec Mr Ouahab Mohamed
Mr Ouahab Mohamed : « Les fléaux sociaux ont pris une dimension alarmante à Béjaïa »
Le 16-01-2012 15:14:03

Entretien avec Mr Ouahab Mohamed, président de l’Association de la jeunesse algérienne d’avant-garde de lutte contre les fléaux sociaux de la wilaya de Béjaïa, JAAGLFS

 

M. Ouahab Mohamed (au milieu) en compagnie des membres de son association dans une conférence, septembre dernier. Photo:JAAGLFS

Depuis sa création il y a un peu plus d’une année, l’Association de la jeunesse algérienne d’avant-garde de lutte contre les fléaux sociaux de la wilaya de Béjaïa s’est tracée comme objectif principal la lutte contre la propagation des fléaux sociaux et l’assistance aux jeunes désorientés. Les fléaux sociaux ont pris une dimension alarmante dans notre wilaya et la solidarité est de mise pour faire face à cette calamité, déclare Mr Ouahab Mohamed Président de l’JAAGLFS.

 Comment travaille votre association ?

 

Notre association est composée de 19 délègues de daïras, avec une présence dans 50 communes de la wilaya. Chaque délégué de commune est rattaché au délégué de daïra. C’est une association très structurée pour être informés de tout ce qui se passe dans le cadre des fléaux dans la wilaya.  Tous les deux mois, chaque délégué de daïra discute sur les problèmes soulevés dans la daïra. Ces délégués nous envoient ensuite un compte rendu, et nous de notre part, nous faisons un rapport bien détaillé qu’on transmet à M. le wali de Béjaïa.

 

Quels sont les objectifs de votre association ?

 

L’objectif est, premièrement de lutter contre ces fléaux sociaux qui rongent notre wilaya. Essayer de les diminuer parce que nous ne pouvons pas éradiquer tous les fléaux. Nous essayons de les réduire.  Dans le cas, par exemple de la prostitution. C’est un fléau que nous  dénonçons car nous n’acceptons pas ce que ce genre de fléaux qui portent atteinte à la digité et l’intégrité des personnes se propage dans notre société. Il faut que l’on se débarrasse. Un autre exemple est celui de la drogue. Les jeunes se donnent à différentes sortes de drogues à cause du chômage, du manque de loisir. Les jeunes sont versés dans la drogue comme une échappatoire. Pour ces jeunes, nous essayons d’être en contact avec eux, les sensibiliser et les récupérer et pour cela il faut leur faire quelque chose, il faut les aider dans le cadre du travail, par exemple. Nous essayons d’être en contact avec eux pour leur faire reprendre l’espoir en ce pays, pour leur dire que l’Algérie est grande et pleine de ressources.

 

Quels sont vos plans d’actions et programmes actuels ?

 

Nous avons, tout d’abords installé des bureaux dans chaque daïra et dans un nombre de communes. Nous ouvriront des bureaux dans d’autres communes aussi. Nous avons pris attache avec l’ANEM dans le cadre du programme de réinsertion des diplômés, pour garantir un travail pour ceux qui sortent de prison pour éviter des récidives. Pour les jeunes sans diplômes, on leur fait des formations, même les sans diplômés ont le droit a un travail et un toit, il faut les réintégrer. M Tizranine de l’Agence Nationale de l’Emploi nous a répondu positivement. Il faut savoir que dans les prisons il y a des hommes et des femmes. Avant qu’ils sortent on prend contact avec eux et leurs dossiers seront transmis à l’ANEM avant leur sortie de prison. Nous les gardons sous la coupe de l’association avec des psychologues et on les motive également.

En ce moment, on envisage de créer un centre de désintoxication pour les personnes dépendantes de la drogue à Adekkar où ces personnes, hommes et femmes trouveront un moyen de se débarrasser de ce fléau dans la discrétion et l’anonymat.

 

Travaillez-vous avec d’autres associations ?

 

Pas en ce moment mais nous sommes ouverts pour ceux qui veulent travailler avec nous car l’union fait la force. Ils vont apprendre beaucoup de choses dans notre association. Il faut dire aussi que nous sommes très sélectifs dans nos collaborations pour ne pas dévier de nos objectifs principaux. C’est un honneur pour cette association quand elle avance quand les fléaux diminuent. Beaucoup de jeunes de notre wilaya ont perdu l’espoir, à cause de la bureaucratie qui existe vraiment dans notre wilaya.

 

Quels sont les fléaux les plus importants auxquels fait face la wilaya de Béjaïa ?

 

Notre wilaya est différente, c’est une wilaya pilote dans plusieurs fléaux sociaux. Il faut savoir qu’il existe des lieux de débauche à travers toutes les daïras de la wilaya sans oublier le problème du suicide dont le taux est très élevé. Les fléaux les plus importants sont la drogue et la prostitution. Ce sont des fléaux qui vont ensemble et qui sont très développés. Il y a une centaine de femmes qui sont en prison à cause de ces fléaux. Des filles qui arrivent dans de nouvelles daïras qu’elles ne connaissent pas et qui tombent sur des groupes de personnes avec de mauvaises attentions. Dans plusieurs cas, elles finissent mal, récupérées dans des réseaux de prostitution et de trafic en tout genre. Je vous cite, à titre d’exemple la situation des fléaux sociaux, notamment la prostitution dans les wilayas de Sétif, de Constantine et de Sidi Bel Abbes pour ne citer que ces régions-la où ce fléau a atteint, à une certaine époque un niveau effrayant. Mais des dispositions ont été prises et grâce à l’engagement des citoyens et des responsables de ces régions, ce fléau a été combattu. A Béjaïa, c’est maintenant que cela prend de l’ampleur et il est de notre devoir de réagir et de combattre cela. Même la presse doit faire son travail d’information sur la situation des fléaux dans notre région.

Nous sommes une association de prévention, et d’assistance aux personnes victimes de fléaux sociaux. Nous aidons également les gens qui sortent de prison pour leur faciliter une réintégration dans la société. Car les jeunes qui sortent de prison portent des séquelles, avec des difficultés de trouver du travail. Nous travaillons également contre la corruption et les grands dossiers de corruption on les achemine à qui de droit. On ne va pas nous faire taire. Nous sommes une association réglementée, nous avons le droit d’écrire, d’afficher, et de documenter. On ne reste pas la bouche cousue et on va dénoncer beaucoup de choses à Béjaïa.

 

Quelles sont vos stratégies de sensibilisation ?

 

Nous avons des caravanes de sensibilisation dans les établissements scolaires, les lycées et les CEM. Pas moins de 59 lycées et une centaine de CEM ont été inclus dans nos programmes. C’est des programmes qu’on renouvelle pour rencontrer des jeunes, et initier un débat sur ce qui se passe ici avec la présence de Monsieur le wali. Il faut que le premier responsable de la wilaya s’implique et s’engage avec nous dans ce travail très important. Il nous a, d’ailleurs répondu favorablement et promis de nous aider et de nous ouvrir les portes. De notre coté, nous le remercions pour sa disponibilité et nous l’aiderons aussi pour bien travailler à Béjaïa.  Car nous nous mettons du coté de ceux qui travaillent et veulent faire avancer les choses dans notre wilaya.

Propos recueillis par Ali Hamdad pour Béjaia-aujourdhui

Le 16-01-2012 15:14:03